Goël

by Goël

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1.
04:10
2.
3.
4.
04:33
5.

credits

released October 30, 2015

Textes, musiques, arrangements : Gilles Grohan
Enregistré et mixé par Léonard Mule > www.poissonbarbu.com
Coproduction > www.cie-gargouille.fr

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about

Goël Paris, France

Entre pop et folk, des chansons françaises qui ont humé leur lot d'étrangetés musicales.

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Track Name: Maquillage
brille
blanc
plisse les yeux
l’hiver sur le granit est lumineux
hiver et granit et lumineux
roses
ronds petits ajouts
comme le vent de mer te fouette les joues
et rose et le vent et tes deux joues

Maria
ma Maria
et tes joues sont amaigries
doucement ton maquillage
coule sur le sable gris
noir et noir
ce noir si dense
avais-tu peur que tes larmes fussent transparentes ?

vaguelettes
petits rouleaux
regarde trembloter ce grand tableau
regarde et tremblote et grand tableau
songe
vague
aux toiles blanches
plus haut y-a-t-il un peintre du dimanche ?
et peintre et plus-haut et du dimanche

Maria
ma Maria
et tes joues sont amaigries
doucement ton maquillage
coule sur le sable gris
et ce noir
les crabes en masse
viennent danser dans les flaques de ton mascara

brille
flou
plisse les yeux
voilà ce qu’aujourd’hui je fais de mieux
et brille aujourd’hui et fais de mieux
coulent
coulent
petits yeux bruns
envoient des pointillés dans les embruns
et des pointillés dans les embruns

Maria
ma Maria
et tes joues sont amaigries
doucement ton maquillage
coule sur le sable gris
noir et noir
ce noir si dense
avais-tu peur que tes larmes fussent transparentes ?

Maria
ma Maria
Maria
ma Maria…
Track Name: Dernière douceur
qui sait le trou que me cache
ton petit front soucieux ?
des plis autrement plus lâches
le sculpteraient tellement mieux

mettons que tu te prélasses
comme le plus souple des pantins
dans mon grand bain de mélasse
et ses glouglous tout enfantins

laisse-moi t’ouvrir un peu
le large lit de ma baignoire
viens barboter un peu
dans le sucre et dans le noir

et si ton dos et tes hanches
restent raides au début
tu couleras ton doux dimanche
une fois le bouillon bu

c’est dans ce sombre mélange
si diablement onctueux
que je te présenterai les anges
d’un geste sec et majestueux

laisse-moi t’ouvrir un peu
le large lit de ma baignoire
viens barboter un peu
dans le sucre et dans le noir
Track Name: Le contorsionniste
bye, bye, on quitte la foule
on grimpe la butte on chante pour soi
et vient le soir et voilà que l’on aperçoit
comme déposé au sommet, un jeune homme en boule

recroquevillé presque inhumainement
la bouche plantée dans le fondement

et l’homme voudrait parler
on le sent qui s’époumone en sa posture
il semble bien regorger de littérature
mais rien de ce qu’il dit n’a l’air d’être articulé

est-ce une prière ?
est-ce que tu fais ta prière, là ?
est-ce une soufflante
que tu te passes, là ?

comme on a voulu l’air libre !
on a rêvé les bourrasques et les parfums
on a grimpé la butte à cette fin
et toi tu restes là en boule et en équilibre

quel est donc ce vent que tu sembles chercher
dans ton orifice le mieux caché ?

est-ce une prière ?
est-ce que tu fais ta prière, là ?
est-ce une soufflante
que tu te passes, là ?

en bas cette foule qui passe
toute animée de réflexes et de fortunes
on l’aperçoit, qui ravale les quelques-unes
des têtes qui, de temps en temps, en dépassent

juste un coup de pouce, et si tu dévalais
vers ce grumeleux et bruyant ballet ?

est-ce une prière ?
est-ce que tu fais ta prière, là ?
est-ce une soufflante
que tu te passes, là ?
Track Name: La conque
on avait dûment fouillé
brassé tout le plastique
tous les crânes et tout l’acier
des décharges publiques

pour la trouver enfin

et enfin on la trouva
sous un amas de briques
enveloppée d’un canevas
de vieux fils électriques

on allait enfin écouter la conque

mais dans la conque, le seul écho
qu’il y avait, avait trois temps
interminable un poco
adagio toujours battant

il devait souffler pourtant
du coquillage antique
l’hymne sourd de tous les temps
les sons du jurassique

on espérait bêtement

bêtement, on espérait
de lumineux cantiques
un choral de grands secrets
de confidences cosmiques

chacun avait l’oreille avide et rouge

mais dans la conque, le seul écho
qu’on ait eu avait trois temps
interminable un poco
adagio toujours battant
Track Name: Dans la plaine
passerelle
en pente douce et naturelle
on glisse jusqu’en ce lieu embué de fables
de noms perdus
ce lieu qu’à voix basse on surnomme la plaine

pauvres bêtes
sûres de nos deux souples gambettes
foulons le sourire aux lèvres cette lande de mousse
sans roche, sans bruit
et sans autre source d’inquiétude que nos bouches

d’où sortent mille veines
à chaque pas dans la plaine
qui fusent, vrillent et se disloquent en mots

et nos belles joues
éclatent en folles cantilènes
mille drames s’écrivent sous la moindre moue de rien

chanterelles
et nombres d’absurdes querelles
nous voilà crument défaits, à peine deux âmes
sans monde, sans cou
sans rien qui nous tienne debout et fermes

bientôt
la douce bise des plateaux
va nous disperser dans l’air
fuyantes palabres et noms perdus
et restants de fables qui hanteront les autres

mille veines
à chaque pas dans la plaine
fusent, vrillent et se disloquent en pauvres syllabes

nos belles joues
éclatent en folles cantilènes
quelle farce croupissait jusqu’à ce dernier souffle ?